Un propriétaire bailleur qui découvre que son logement classé G ne peut plus être loué sur un nouveau bail depuis janvier 2025 : voilà le type de situation qui redéfinit les priorités sur le marché immobilier. Les tendances immobilier 2024-2025 ne se résument pas aux courbes de prix ou aux taux de crédit. Elles touchent directement la gestion quotidienne d’un patrimoine, la faisabilité d’un achat et la rentabilité d’un investissement locatif.
DPE et interdiction de location : le calendrier qui change la donne pour les bailleurs
On parle beaucoup de la baisse des prix ou de la remontée des taux. Mais pour un bailleur, la contrainte la plus concrète en 2024-2025 reste le calendrier de décence énergétique. Les logements classés G ne satisfont plus au critère de décence pour les baux signés, renouvelés ou reconduits depuis le 1er janvier 2025 en métropole. Les classes F suivront en 2028, puis les classes E en 2034.
Ce qui compte sur le terrain : un bail en cours n’est pas automatiquement résilié à la date d’entrée en vigueur. La contrainte s’applique au moment de la signature, du renouvellement ou de la reconduction. Un bailleur qui loue un G avec un bail reconduit tacitement en 2025 est concerné.
Pour ceux qui suivent les articles immobiliers de Gone Magazine, ce sujet revient régulièrement parce qu’il implique des arbitrages financiers lourds : rénover, vendre en l’état, ou attendre une éventuelle requalification du DPE.
La méthode de calcul du DPE a d’ailleurs évolué pour les logements chauffés à l’électricité. Un bailleur peut vérifier si le classement de son bien change grâce à une attestation de l’ADEME, sans refaire le diagnostic complet. Cette vérification peut transformer un bien G en F, ce qui repousse l’échéance d’interdiction de plusieurs années.

Taux de crédit immobilier : ce que la baisse progressive change pour un achat
Après une période où les taux sur 20 ans ont grimpé au-delà de 4 %, la tendance s’est inversée. Les taux ont amorcé une décrue, portée notamment par les baisses successives du taux directeur de la BCE.
Sur le terrain, cette baisse ne se traduit pas de la même façon pour tous les profils. Un primo-accédant avec un apport limité voit sa capacité d’emprunt augmenter de façon sensible, même avec une baisse modeste du taux. Un investisseur locatif, lui, recalcule surtout son cash-flow mensuel et la rentabilité nette après charges.
Renégociation et rachat de prêt immobilier
Quand les taux baissent, la question du rachat de crédit revient. Mais un rachat n’est rentable que si l’écart de taux dépasse un certain seuil et que la durée restante est suffisante. On observe que beaucoup de propriétaires ayant emprunté au pic des taux en 2023 commencent à solliciter leur banque.
Le piège classique : ne regarder que le taux nominal sans intégrer les frais de garantie, les indemnités de remboursement anticipé et le coût de la nouvelle assurance emprunteur. Le gain réel se mesure en coût total du crédit, pas en points de pourcentage.
Copropriété et plan pluriannuel de travaux : une obligation qui pèse sur les charges
Les copropriétés ont leurs propres échéances réglementaires, souvent méconnues des acheteurs. Le projet de plan pluriannuel de travaux (PPPT) est devenu obligatoire progressivement selon la taille de la copropriété. En 2025, l’obligation s’est étendue aux copropriétés de 50 lots et moins.
Concrètement, avant d’acheter un appartement en copropriété, on vérifie désormais :
- L’existence du PPPT et son contenu (nature des travaux prévus, estimation budgétaire, échéancier)
- Le montant du fonds de travaux déjà constitué, alimenté par les cotisations annuelles obligatoires
- Le DPE collectif de l’immeuble, qui conditionne les futures obligations de rénovation énergétique
- Les procès-verbaux d’assemblée générale pour repérer d’éventuels appels de fonds votés ou à venir
Un PPPT chiffré à plusieurs dizaines de milliers d’euros modifie radicalement la valeur réelle d’un lot. Lors d’une négociation, c’est un levier concret pour ajuster le prix d’achat.

Passoires thermiques en vente : opportunité ou piège pour les investisseurs
Les logements classés F et G arrivent en nombre sur le marché de la vente. Des bailleurs préfèrent vendre plutôt que financer une rénovation coûteuse. Pour un acheteur-investisseur, c’est une fenêtre d’acquisition à prix réduit, à condition de maîtriser le budget travaux.
Évaluer le coût réel de la rénovation énergétique
Le réflexe terrain : avant de signer un compromis, on fait réaliser un audit énergétique (pas seulement un DPE) pour identifier les postes prioritaires. Isolation des combles, remplacement du système de chauffage, ventilation : chaque poste a un impact différent sur le classement final.
Le risque principal reste le décalage entre le devis initial et le coût réel des travaux, surtout en copropriété où les décisions dépendent du vote en assemblée générale. Un investisseur qui achète un lot dans un immeuble sans PPPT ni fonds de travaux s’expose à des surcoûts non anticipés.
- Vérifier si des aides à la rénovation (MaPrimeRénov’, CEE) sont mobilisables pour le profil du bien et du propriétaire
- Comparer le prix d’achat du bien F/G avec un bien équivalent déjà rénové dans le même secteur
- Intégrer le délai des travaux dans le calcul de rentabilité : un logement en chantier ne génère aucun loyer
Le marché immobilier en 2024-2025 récompense ceux qui lisent les petites lignes : calendrier DPE, PPPT, coût réel du crédit, budget travaux. Les prix et les taux captent l’attention, mais ce sont les contraintes réglementaires et les charges prévisibles qui déterminent la rentabilité réelle d’un projet immobilier.



